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Marseille

jeudi 12 février 2009, par Xavier LETON

Je commence les VillesAllantVers à Marseille.
Je commence ce carnet de bord.


Voilà, c’est enfin au tour de Marseille de prendre sa place dans les réalisations des « VillesAllantVers ». Nous avons ouvert les ateliers à Madrid, en novembre 2008. Ensuite ce fut à Béjaïa en janvier 2009.
Et nous voilà à Marseille.

Mardi, 3 février 2009 :
Je vais enfin rencontrer les élèves des Cours Élémentaires de première année. Je suis impatient de travailler avec eux [...]

C’est fait ! Première rencontre, premiers regards, première écoute de part et d’autre. Assis par terre, je leur parle de "parcours", de "chemins", de Marseille, Madrid et de Béjaïa. Ils écoutent attentivement, répondent aux questions, en posent, jouent avec les exemples de "parcours".

Je leur montre les films des participants de l’école François-Moisson1, en 2006. Je leur demande de m’écrire le parcours qui les conduit de "chez eux" à l’école. La question peut paraître simple, la réponse évidente. C’est ignorer la réalité.

Ce "chez moi" que nous connaissons comme une réalité fixe, stabilisée, (maison, appartement), est aussi accidentelle ou transitoire, sans pour cela que les parents soient en fuites, ce qui présuppose une "illégalité". Laisser planer un doute sur l’illégalité des personnes en transit, c’est en France un thème récurant soigneusement entretenu, dont les victimes sont les migrants.
Des « gens du voyage » aux « sans-papiers », autant de métaphore langagière pour nommer, surveiller, punir, l’étranger dans toute son altérité.

Si je pouvais faire une comptine de ce chez moi, qui au demeurant n’existe pas, ce serait celle-ci :

Chez moi, une chambre d’hôtel, et « tout va bien », voilà l’antichambre de l’appartement.
Chez moi, un camion ou une caravane, moins facilement contrôlable, plus mobile, l’espace n’est pas encore illégal.
Chez moi, un squat, et le monde bascule, il faut dissimuler pour ne pas laisser entre-voir l’illégalité.


La violence commence tôt à l’école. Elle provient des propositions et de la gestion par l’état des formes d’exclusion sociale, comble du paradoxe, à l’intérieur d’une même société. Elle s’exerce sur tous les enfants de cette école de « la République ». D’abord, sur ceux qui la subissent en secret, donc en silence. Ensuite, sur ceux qui en sont les témoins et qui ne peuvent résister à cette pression que par le partage du silence et du secret.
Dans ce contexte favorable à la défiance de « l’autre », Faut-il s’étonner des dénonciations, lorsque l’état les incite, les valorise et les récompense ? Où ce genre de collaboration a-t-il pris naissance ?

Sous ce silence qui exclut, cette violence sans équivoque, nous trouvons l’état qui, tout en agissant avec une violence puissante car institutionnelle, propose l’école en tant qu’espace d’intégration, d’éducation à la citoyenneté, d’accès pour tous au savoir suivant un principe d’égalité, inexistant dans la société que l’État propose et fabrique.

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